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Cette presse en ligne qui redevient payante

Christophe Lefevre Chris Lefevre
4min de lecture

Vous l’avez peut-être remarqué, une grande partie de la presse francophone belge fait payer ses articles en ligne. Après la libre Belgique, Le Soir, les quotidiens de SudPresse et L'Avenir, c’est au tour de la DH.be d’y passer.

Suite à la communication de la DHnet, les réactions des internautes ne s’est pas fait attendre : « écoeurant, ils font payer des copier/coller, j’irai voir ailleurs … » et d’autres types de réactions négatives.

Je trouve dommage que les presses en ligne passent toutes au modèle payant, mais c’est un modèle comme un autre et leurs journaux papier ont toujours été payants.

Il faut bien comprendre que l’avenir n’est pas prometteur pour la presse avec les réseaux sociaux qui lui donne de moins en moins de place tout comme Google et la publicité en ligne qui n’est pas hyper rentable. Le retargeting et le big data qui offraient des potentiels de croissance pour la publicité en ligne sont fragilisés en partie par le GDPR, une révision de la législation européenne en matière de vie privée.

100% digitale, 100% social, 100% vidéo

Depuis peu, une autre menace est apparue, c’est les nouveaux médias. Vous les connaissez sous les noms de Brut, BuzzFeed, Vice, Melty, Konbini, Topito, c’est-à-dire les médias de la génération « millénale ». Ces médias sont des pièges à clics, ils ne jouent pas avec les mêmes règles que la presse qui doit vérifier ses sources et se concentrer sur la vraie info, pas forcément virale. Une presse qui a beaucoup de mal à avoir autant de flexibilité.

Certains de ces médias ont choisi de s’appuyer totalement sur les médias sociaux. En laissant de côté la gestion d’un site, de référencement, de vente d’espace publicitaire display. Ici, on crée le contenu pour Facebook, Instagram ou Snapchat. Efficace, certes, mais hyper dépendant de ces médias qui n’hésiteront pas à faire chuter le Reach, c’est-à-dire la capacité pour une marque de toucher les fans, si c’est contraire à leur propre business.  

Les médias de 21e siècle se doivent d’être flexibles et créatifs.

S’il y a bien une chose que j’ai comprise ces dernières années, c’est qu’en matière de digital, les modèles économiques ne sont pas figés dans le temps.  Pour MinuteBuzz, «Les articles, c’est dépassé. En 2020, il n’y aura plus que des vidéos sur les plateformes.» C’est en tout cas de cette façon qu’en 2016, Maxime Barbier, co-fondateur a justifié leur décision de vider le site internet de tous ses contenus.

Ce choix est rendu possible par un nouveau modèle économique. Minutebuzz ne vit pas des bannières de publicité affichées partout sur son site, mais grâce à des vidéos dites de «brand content», c’est-à-dire des vidéos réalisées en partenariat avec des marques qui se glissent parmi les autres contenus.

Lorsque l’on compare la presse belge qui se raccroche au modèle du payant qui lui a permis de vivre confortablement au 20e siècle et les modèles des nouveaux médias, on peut clairement se dire qu’on n’est pas dans le même monde et il n’y a rien de plus vrai, car la presse à un rôle important de contre-pouvoir et perd beaucoup trop d’énergie à essayer de générer du clic ou du buzz en s’inspirant des médias digitaux.

À force de chercher les internautes sur Facebook, la presse a laissé les gens s’informer sur un espace non contrôlé et on le regrette aujourd’hui, car il pleut des fakenews depuis qu’on sait qu’elles rapportent plus que la vraie actualité.

Mais ça va changer, Facebook a annoncé qu’ils donneraient la priorité aux amis sur les news et fake-news comme c’est le cas aujourd’hui. Il faut maintenant ressortir l’actualité des médias sociaux, même si ça devient presque étrange pour un millennal d’installer une application pour lire de l’actu, vu que Facebook en est plein. Le Paywall aurait du sens s’il ne fallait pas s’abonner séparément à tous les journaux. Vous connaissez beaucoup de personnes qui ont un abonnement à la fois sur Deezer et à Spotify?

Il serait peut être temps que les médias s’associent et s’organisent, car d’autres dangers se rapprochent comme Steemit, une plate-forme de Blogs qui rémunère les créateurs de contenu avec une crypto monnaie qui se nomme Steem. Les tokens sont distribués sur base des votes de la communauté, ce qui inciterait les créateurs de contenu à publier des articles qualitatifs. 

L’ubérisation de la presse s’appuyant sur la Blockchain pourrait donner un coup de vieux à nos rédactions. Vous pensez que ça n’a aucun lien et que ça n’arrivera pas? Détrompez-vous, un journaliste politique avec un bon réseau pourrait un jour être totalement indépendant et vivre très correctement de cette façon comme c’est déjà le cas pour certains youtubeurs et influenceuses.

 


A propos de l'auteur Chris Lefevre, consultant en solutions digitales. Je vous propose mes services pour améliorer votre visibilité sur les nouveaux médias.

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